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Jeudi 12 avril 2007

La tournée "Vacances 2001" se termine fin août. Je suis exténué, mais tellement heureux. J'ai eu, en quelques mois, ce qui m'étais le plus cher, chanter. Sur scène. Professionnellement.

Je m'imaginais tout à l'heure à quel point cette expèrience ait pu être enrichissante, importante et décisive pour la suite. Je crois qu'elle m'a effectivement permis de prendre conscience que je voulais continuer, faire ce métier, mais aussi elle m'a permis de prendre confiance en moi et de ne pas avoir peur de continuer, seul; ce qui me semble être encore plus important. Même si nos parcours sont semés de doutes et de remises en questions régulières parce que ce sont elles qui permettent d'évoluer, cette expèrience, au delà de l'adrénaline qu'elle m'a procurée pendant plus de deux mois, et du public que j'ai rencontré chaque soir, m'a aussi ouvert certaines portes, celles qui jusqu'alors restaient fermées et que je me prenais dans la gueule. Cette comédie musicale va maintenant connaitre une évolution après avoir rempli son contrat sur les scènes estivales.

A la fin des années 90, Glem Productions décide de renouveler la troupe de son émission de variétés la plus populaire – celle ayant eu assez de potentiel pour reprendre le flambeau de feue-"Sacrée Soirée" qui avait fait les beaux mercredis soirs de TF1. Son nom ? "Les années tubes". Le présentateur y est installé, le concept aussi. Reste que la troupe de chanteurs qui y participe, doit – pour d'obscures raisons – être remplacée (des rumeurs circulent quant à l'exigence financière de ses protagonistes, doublée d'une ambiance de travail devenue, devant le succès que rencontre le programmme, exécrable). Quels sont ceux qui, dorénavant, feront les kékés derrière Jean-Pierre Foucault ?

Claude Fournier et Gérard Louvin, les producteurs, hésitent. Il y a d'un côté, toujours la troupe de Roger Louret, qu'il faudra remanier ou renouveler, mais avec qui ils ont déjà travaillé sur différentes productions, de "La Java des mémoires" au "Années Twist", et de l'autre il y a la nôtre, celle de "Vacances 2001" que déjà pas mal de monde a vu sur scène durant l'été 96, allant pourtant jusqu'à être complètement sali par un certain Olivier Minne à l'époque - venu nous voir sur une date ou deux pour des raisons sentimentales... - parce qu'elle n'était pas de son goût... Je m'en souviens parce que j'ai vingt ans, que je suis très impliqué dans ce spectacle et que je découvre parallèlement le monde de la télévision et de la musique qui ne cessera de me décevoir par la suite; enfin aujourd'hui moins. Je m'y suis fait, je connais ses travers, et je sais que, définitivement, la seule relation saine et sincère que l'on puisse avoir, c'est avec le public.

Durant de longues semaines nous voici donc visités régulièrement par le staff de Glem Productions. Je me souviens d'un jour durant lequel nous avons présenté, devant les yeux inexpressifs de Gérard Louvin et de ses comparses, un medley, deux medley, ceux que nous avions défendu des mois durant sur le Podium Europe 1 tout l'été; inutile de préciser que nous les connaissons tous par coeur – deux s'étant cela dit rajoutés au spectacle par la suite pour divers raisons, notamment des galas que nous allons honorer les mois suivants, mais à ce stade de l'aventure, nous l'ignorions encore. On va même jusqu'à nous faire enregistrer des séquences, nos medleys, sur le plateau de l'émission, à La Plaine St-Denis, dans les décors du show, entre – saison oblige – deux sapins de Noël couverts de neige chimique et de quelques boules en plastique, sous les regards inquiets de la troupe installée de Louret, d'Hervé Domingue à Thomas Boissy (que je recroiserais par la suite), se demandant probablement si oui ou non, nous allons leur piquer leur place. Grand moment de télévision jamais diffusé d'ailleurs, mais resté dans les archives de la société; avec le recul j'aimerai bien remettre la main dessus aujourd'hui – puisque pour une question de droit, nous n'avons pu, à l'époque, recopier la bande. Alice Dona, toute excitée (je dois avouer que nous aussi) à l'idée de voir son spectacle s'émanciper fait de plus en plus copain/copain avec nos éventuels producteurs; seulement voilà, dans ce métier, faire copain/copain, c'est risqué, rare, presque illusoire.

Quelques semaines d'attente plus tard, le verdict tombe : nous ne sommes pas retenus pour participer à l'émission de télévision que prépare la première chaîne française. Déception, mais qu'importe, car il y a un mais et un autre horizon qui se profile. Un autre avenir pour la troupe que nous sommes : la scène. En effet, si nous ne sommes pas qualifiés pour le petit écran, Glem propose à Alice de produire le spectacle sur différents galas "maison", aux côtés d'artistes "maison". Et les artistes "maison" chez Glem fin 96, je vous le donne en mille : les Boysband ! C'est ainsi que nous nous retrouverons durant plusieurs semaines, sur les podiums et les scènes d'ici ou d'ailleurs aux cotés d'Alliage, Keep Cool ou bien encore Tristan Boccara - très sympathique au demeurant. Je me souviens de ce fait, avoir connu l'hystérie suscitée par les Boysband, de l'intérieur; très impressionnant, même si les filles ne criaient absolument pas sur notre passage, mais plutôt sur celui de Quentin, Brian, Steven et Roman. Une demie douzaine de galas plus tard, les contrats partent – de nouveau – en couilles, les relations d'Alice et de Gérard Louvin tournent au vinaigre, tout splitte, et l'aventure prend fin pour la troupe de "Vacances 2001".

Si les boys bandent encore, nous, on rentre chez nous la queue entre les jambes.

Par THierry Cadet - Publié dans : thierrycadet
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